Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemble la vie d’un coach scolaire?

Honnêtement, ma vie ne doit pas être spécialement plus passionnante que la vôtre. Si vous vous attendiez à ce que je vous dise que ma vie est foutrement géniale, vous allez être déçu(e). Les concours d’exposition de vie sur les réseaux sociaux ne sont pas forcément ce qui m’enchante le plus. Exposer sa vie, non, mais partager une passion, oui. 

Je dis souvent que l’on est riche que dans l’échange et bien que je trouve beaucoup d’inconvénients à l’ère du numérique, je trouve aussi du positif. Il n’a jamais été aussi facile de pouvoir déposer sa pensée sur un document virtuel pour ensuite l’envoyer sur un blog.

J’évoque dans ce titre d’article que ma vie n’est pas comme les autres. Cela ne renvoie en rien au fait qu’elle soit mieux ou moins bien qu’une autre. Elle est tout simplement différente. Et vous savez quoi? J’adore la différence. Il y a certes de plus en plus de coachs scolaires mais il y a aussi de plus en plus de façons de coacher, d’accompagner les jeunes en difficulté. A chacun ses spécificités, à chacun son talon d’Achille. 

Je vous l’accorde, je prends énormément de plaisir à exercer ce métier de coach scolaire. Alors permettez-moi de vous raconter un bout de cette histoire qui a débuté en 2018 et laissez-moi vous ouvrir la porte d’entrée.

Bienvenue dans les coulisses d’une vie qui n’est pas comme les autres. 

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Les deux ingrédients qui subliment le plat

Si la vie était simple, ça se saurait n’est-ce pas? Et même si l’on pense que certains sont sans doute plus chanceux que d’autres en la matière, je reste persuadé que deux ingrédients magiques permettent d’obtenir d’excellents résultats quel que soit le domaine (même celui de l’école). 

Travaillant  l’un pour l’autre et l’un avec l’autre, ces ingrédients m’ont permis de pouvoir réaliser l’un de mes projets les plus fous : me lancer comme coach scolaire. Ma vie scolaire n’a pas été un long fleuve tranquille et, ayant moi-même rencontré des difficultés à l’école, aider d’autres personnes représente beaucoup de valeur et de sens à mes yeux.

Je me suis fait une double promesse le jour où j’ai redoublé ma 4ème secondaire : ne plus jamais échouer à l’école et devenir coach scolaire pour aider les jeunes à ce qu’ils ne commettent pas les mêmes erreurs que moi. 

Mais devenir coach scolaire n’a pas été si simple. Il ne suffit pas de crier 3 fois « BeetlleJuice » comme dans le dessin animé pour voir apparaître, dans sa vie, quelque chose que l’on désire. C’est bien plus complexe et j’aimerais vous illustrer ma théorie des deux ingrédients avec une analogie. 

Imaginez-vous prendre un élastique et le tendre à son maximum. Vous tirez fort d’un seul coup des deux côtés. L’élastique se tend mais vous pouvez faire mieux. La condition : tirer également de l’autre côté simultanément.

Pour tout nouveau projet quel qu’il soit, les maîtres mots sont PATIENCE et CONSTANCE. L’un ne va pas sans l’autre et j’irais jusqu’à dire que l’un a besoin de l’autre. Tout comme le Yin fonctionne avec le Yang, la patience doit être associée à la constance pour que cela produise des effets. 

Des débuts difficiles en tant que coach scolaire

Vous devez être patient et constant dans votre travail lorsque vous démarrez votre activité de coaching. 

Facile de dire ça en 2021, après trois années dans le métier et après avoir accompagné des jeunes chez eux, en classe ou en cabinet.

Je ne veux en aucun cas jouer les donneurs de leçons et vous dire que vous n’avez qu’à attendre longtemps et à travailler dur pour percer dans le métier. 

Je veux simplement ici vous faire un aveu et vous confier une difficulté que je n’énonce pas souvent. Une de mes plus grosses erreurs lorsque j’ai commencé a été d’être impatient et d’avoir cru que ça serait facile. 

Bon nombre de personnes auraient certainement arrêté de payer leurs cotisations sociales et se seraient tournés vers autre chose. Mais ça n’a pas été mon cas. Et pourquoi? Car je ne voyais aucune autre alternative. Ce que je voulais faire, c’était du coaching scolaire

La société du “je veux tout, tout de suite” n’a certainement rien arrangé à l’affaire et je pensais qu’en à peine une semaine, mon téléphone sonnerait constamment pour des demandes de séances de coaching scolaire. 

Contrairement à ceux qui vivent ce que l’on nomme le syndrome de l’imposteur et qui ne se sentent jamais assez qualifiés ou légitimes pour se lancer, j’étais totalement à l’opposé.

Coaching scolaire : être ou faire?

Je préfère le verbe FAIRE au verbe ETRE et pour moi, un coach scolaire ne peut se dire coach scolaire que lorsqu’il fait du coaching scolaire. Alors vous comprendrez que j’étais très embêté de ce que j’avançais sur ma carte de visite alors que mon expérience avec les jeunes était proche du zéro. 

J’avais imaginé qu’avec mon joli diplôme de l’université, mes quelques livres lus sur le sujet et mes formations dans le domaine du coaching scolaire allaient être la solution pour faire face au problème. 

Être indépendant, ce n’est pas seulement proposer un service, c’est aussi faire parler de ce service. Et puis, pourquoi faire confiance à un inconnu pour accompagner son enfant ? 

J’aime bien évoquer la notion d’homme-orchestre surtout au départ d’un lancement d’une activité.Contrairement au chef d’orchestre qui dirige et supervise, l’homme-orchestre est un individu multifonction qui doit savoir jouer tous les instruments.

J’avais des compétences théoriques et des outils pour accompagner les jeunes vers un mieux-être et une réussite scolaire, mais c’était tout. 

Mes instruments étaient assez limités. Alors, il fallait que je fonce et développe de nouvelles compétences en faisant appel à ma créativité.

Il m’a fallu plus de 4 mois au total pour décrocher mon premier accompagnement.

coach scolaire qui donne un alterlier à un groupe

J’ai été victime du syndrome de Dunning- Kruger 

Rassurez-vous, rien de bien méchant. Ce syndrome est plutôt de la famille des biais psychologiques et il se fait généralement appeler : l’effet de surconfiance.

Au démarrage, j’étais dans les startings block et je n’imaginais pas du tout que ce serait si compliqué de pouvoir avoir ses premiers coachés.

J’étais qualifié dans le domaine du coaching scolaire mais totalement incompétent en matière de prospection, de communication ou encore du réseautage.

Alors je me suis vite retrouvé au sommet de la courbe de Dunning-Kruger que l’on nomme sympathiquement la montagne de la stupidité. Heureusement, je ne suis pas resté stupide longtemps et j’ai très vite compris qu’il fallait avoir d’autres cordes à mon arc.

Travailler seul et pour soi, ce n’est pas travailler en équipe ni pour une entreprise. On ne peut pas faire appel aux autres pour nous épauler et on n’a pas de salaire à la fin du mois si on n’a pas travaillé.

Alors, l’excès de confiance s’est vite transformé en doutes sur mes capacités et je suis tombé dans la vallée de l’humilité. C’est le moment certainement le plus dur mais c’est aussi celui le plus profitable pour développer de nouvelles compétences. 

Peu à peu, ma confiance s’est stabilisée et j’avais l’intime conviction qu’avec assez de travail et de détermination, je finirais par tester mon hypothèse du coaching scolaire.

schéma explicatif dunning-kruger

L’idée ordinaire qui m’a apporté des résultats extraordinaires

Avril 2018, mon téléphone sonne lors d’une belle matinée. Au bout du fil, une maman désemparée cherche une solution pour son enfant. 

Et savez-vous comment la maman avait eu mon contact ? Via l’application 2ème main, un site permettant de faire de bonnes affaires et d’acheter (dans 99% des cas un objet et non un service) en seconde main.  

J’avais eu l’idée de poster sur cette application une petite annonce proposant mon aide et mes services pour les jeunes. 

Cette idée m’est venue lors d’une marche en pleine campagne. Depuis lors, je me suis rendu compte que c’était dans les moments où j’étais seul, en pleine nature, que les idées les plus innovantes me venaient à l’esprit. Je n’avais rien à perdre à poster ma petite annonce sur ce site. Au contraire, j’ai tout gagné.

Passer de 0 à 1 coaché. Et c’est cette période qui a été la plus compliquée pour moi. 

Je me suis donnée à 120% pour ce jeune que j’accompagnais  aussi à l’internat lors des week-ends. J’étais dévoué corps et âme pour l’aider à améliorer ses résultats (surtout en Anglais). 

Et à partir de cette fin de suivi, je suis réellement devenu coach scolaire. Ce n’était plus simplement écrit sur ma carte ou sur ma page Facebook, c’était devenu réel.

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Les feux se sont alignés au vert

Aujourd’hui, j’ai accompagné plus d’une centaine de jeunes. J’ai également dispensé des ateliers dans les écoles et même chez moi. Ensuite, j’ai créé des outils en ligne pour aider les jeunes durant le confinement. Et finalement durant les derniers mois, créé ma chaîne Youtube, 3 sites internet, et je suis intervenant pour une émission d’éducation.

Mon dernier projet avec ma nouvelle collègue : une formation depuis fin 2020  destinée à des futurs coachs scolaires. Nous avons développé un programme d’accompagnement pour que chaque personne motivée puisse se lancer dans le coaching scolaire et  accompagner des jeunes vers la réussite et le bien-être scolaire. 

Tout le monde peut se dire coach scolaire. Mais je préfère l’expression faire…

Je ne suis pas prêt de m’arrêter en si bon chemin et je pense réellement avoir autant d’idées pour le futur que d’années qu’il me reste à vivre.

Nicolas


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