Depuis maintenant plusieurs mois, nous sommes tous plongés dans ce long -et interminable- tunnel de la Covid 19; dont aucun de nous -scientifiques, épidémiologistes, infectiologues, …- ne peut actuellement prévoir la fin… Dès lors, ne faut-il peut-être pas parler de fin en soi (éradication complète du virus) mais plutôt de cohabitation avec celui-ci.

Pour certains, cette situation est vécue comme particulièrement pénible, pour d’autres elle est vue comme l’opportunité de faire changer, évoluer les choses… On entend parler de “retour au local”, de “résilience”, de “coopération/collaboration” -étrange alors que nous ne sommes plus censés être en contact.

De nombreuses critiques sont également dirigées vers le système scolaire. On met en évidence son manque de prévoyance entre la première et la deuxième vague, d’ouvertures/fermetures d’écoles, de profs absents, d’ados contaminés, largués et déprimés,… 

Loin de vouloir noircir ce tableau déjà assez sombre dans son ensemble, nous nous  intéressons, particulièrement, dans cet article, à cette fameuse “hybridation pédagogique” et à ses conséquences sur nos ados et leurs profs. Mais pas que!

En effet, nous souhaitons partager notre vision de coach et ainsi voir en quoi l’accompagnement par un coach scolaire peut faciliter cette transition…

Qu’entend-on réellement par hybridation pédagogique? Comment est-elle vécue par les élèves? par les enseignants? Et en tant que coach scolaire? Comment pouvons-nous accompagner cette transition?

Voici les questions auxquelles cet article tente de trouver des réponses en allant à la rencontre – virtuelle – des acteurs de cette hybridation

Hybridation pédagogique, Kezako?

On distingue plusieurs méthodologies d’apprentissage et l’apprentissage hybride est l’une d’entre elles. 

Cet apprentissage se caractérise -selon Wikipédia- par une combinaison de séquences de formation en ligne (e-learning) et de formation en présentiel.

Toujours, selon Wikipédia, l’utilisation des technologies de l’information et de la communication donne l’opportunité à l’apprenant d’avoir, dans une certaine mesure, un contrôle sur le temps, le lieu, les moyens et la vitesse de son apprentissage

Le Réseau de l’Université du Québec, quant à lui, va un cran plus loin dans sa définition en y intégrant le concept de “mode synchrone ou asynchrone” (APOP 2012).

De manière théorique, une des principales caractéristiques de l’enseignement hybride est la souplesse sur plusieurs plans : plus grande accessibilité à la formation universitaire (CSE, 2015), moins de contraintes espace-temps (Bédard et Pelletier, 2013), meilleure gestion étude-travail-vie personnelle (Bower, 2014), bon dosage interactions humaines-interactions technologiques (Endrizzi, 2012).

Cependant, cette souplesse dépendra fortement du degré d’hybridité d’un cours comme nous le rappelle le Réseau de l’Université du Québec; mais aussi selon nous, de l’accessibilité de tout un chacun au numérique.

A ce jour, ce Réseau met en garde quant aux éléments incontournables à prendre en compte au sujet de cette démarche. 

Voici ceux, qui au regard de notre situation pandémique, et en qualité de pédagogues, nous paraissent absolument indispensables!

  • L’apprenant doit être au cœur de l’enseignement : c’est notamment en favorisant la rétroaction, l’autonomie, la variété des styles d’apprentissage et la réflexivité que la  formule hybride « remet au centre des réflexions la classe comme espace physique et l’enseignant dans son rôle de chef d’orchestre […] redonne un sens à l’enseignement en présentiel, que d’aucuns estiment menacés par l’essor des cours en ligne, et éloigne le risque de désertion des campus, souvent pointé » (Endrizzi, 2012).
  • L’apprentissage doit être actif, collaboratif et axé sur les résultats : comme l’enseignement est centré sur l’apprenant, celui-ci se voit offrir des modalités pédagogiques et des activités afin de mettre de l’avant la production, les échanges entre pairs, la transmission de connaissances sur des contenus plus spécifiques décrits et présentés par l’enseignant (Bédard, F et Pelletier P, 2013).
  • La charge de travail et le temps : le premier cours hybride nécessite un redesign pédagogique ainsi qu’un accompagnement par des spécialistes des technologies afin de mieux « mixer » l’enseignement en présentiel et l’enseignement à distance, tout en répondant aux besoins pédagogiques du cours.  Une fois ce travail de collaboration avec des professionnels ou des spécialistes réalisé, l’enseignant peut généralement « consacrer plus de temps à la recherche qu’à l’enseignement » (Smith, 2014).
  • L’accompagnement de l’enseignant et des apprenants : que ce soit en formation hybride ou tout autre enseignement, l’enseignant « doit s’outiller et se former à différentes innovations […] que ce soit par des formations individuelles ou collectives, les institutions universitaires ont un rôle à jouer auprès du personnel enseignant » (Meunier, 2015).  De même, les apprenants doivent bénéficier d’un accompagnement afin de tirer au mieux les bénéfices de leurs apprentissages.

Qu’en pensent les élèves/étudiants et leurs profs? Comment vivent-ils cette situation?

Commençons à répondre à cette question en mettant en évidence les avantages de cette méthodologie.

L’avis des élèves/étudiants

  • Je perds moins de temps dans les trajets. Je n’habite pas tout près de mon école et donc en temps normal, je dois me lever hyper tôt. Travailler de cette manière me permet de me lever plus tard certains jours.
  • J’apprécie quand il y a des interactions avec le prof et donc que le cours est en direct et pas sous forme de vidéo. Je suis alors plus motivée!

L’avis des enseignants

  • L’élève gagne en autonomie, il ose poser des questions via la plateforme s’il n’ose pas le faire en classe devant les autres.
  • Il apprend à planifier et à organiser son travail, à gérer son temps de travail et il prend conscience qu’il est bien acteur et donc responsable de sa scolarité.

Lorsque l’on aborde, avec ces mêmes acteurs, les inconvénients et difficultés qu’ils rencontrent, voici ce dont ils nous font part.

L’avis des élèves/étudiants

  • Je n’ai pas de rythme, cela me fatigue beaucoup.
  • Le contact avec les autres (profs, copains, copines) me manque beaucoup.
  • Il y a des jours ou je n’ai aucun cours.
  • J’ai beaucoup de mal à m’y mettre, je ne suis pas très motivé.
  • Il n’y a qu’un seul ordi à la maison et suivre les cours sur mon téléphone n’est pas évident.
  • La connexion wifi n’est pas très bonne et donc c’est parfois difficile de bien être connecté.

L’avis des enseignants

  • Beaucoup d’élèves sont en décrochage, absents que ce soit en présentiel et/ou en distanciel via la plateforme numérique. 
  • Beaucoup ne sont pas équipés correctement pour travailler à distance… pas moyen de s’isoler pour les cours en visio, pas de matériel informatique adéquat, pas de connexion wifi suffisante, pas de logiciel word car coûteux.
  • La motivation est un facteur hyper important. Un étudiant (selon son âge et sa motivation) seul face à tout cela et sans contact social avec ses pairs… le contexte qu’est l’école,… les éducateurs et les profs, pas évident sur le plan identitaire pour un ado.
  • Cela me demande aussi plus de travail car je dois adapter mes cours et tout n’est pas adaptable.

En quoi le coach scolaire peut-il être utile dans cette hybridation?

Pour commencer, il est essentiel que le coach soit ouvert et sensible aux difficultés rencontrées par les ados.

Partant du principe que l’hybridation pédagogique demande une organisation particulière, l’apprentissage de l’autonomie et une bonne dose de motivation pour l’apprenant, il est primordial pour l’ado d’être accompagné à ce niveau sachant que ceux-ci ne doivent pas être des freins aux apprentissages pédagogiques. Un accompagnement méthodologique est donc à privilégier pour pallier ces difficultés et afin d’éviter certaines tensions au sein du noyau familial.

Certains coachs, comme Nicolas, proposent également des “groupes d’études virtuels” -STUDY WITH ME-. Il s’agit de quatre sessions de 25 minutes de travail avec des pauses de 5 minutes en style “Pomodoro”.

A chaque session, une playlist pour la concentration (pour ceux qui aiment étudier avec un fond musical).

D’autres mettent un local à disposition muni d’un ordinateur et d’une bonne connexion wifi, permettant à l’élève d’être au calme et d’avoir le matériel adéquat.

Pour conclure

Il saute aux yeux, à la lecture de ces quelques témoignages, que les avantages et difficultés/inconvenients sont sensiblement les mêmes que l’on se trouve d’un côté ou de l’autre de l’écran.

Comme beaucoup d’articles, avant celui-ci, l’ont mis en évidence, cette pandémie aura mis à l’avant plan ce gouffre numérique qu’il nous faut résorber -si pas résoudre définitivement- en donnant accès à chaque élève à des conditions d’apprentissage similaires et indépendantes de leur situation socio-économique et/ou familiale. 

Comme le dit Madame Marazzato, enseignante en secondaire, “je reste persuadée qu’avec un accompagnement pédagogique et bienveillant c’est faisable et c’est une façon de mieux préparer nos élèves du secondaire à l’enseignement supérieur et pour eux voir que cet enseignement-là est plus accessible, envisageable, possible. L’adaptation sera moins rude. La transition se fera plus facilement. C’est aussi, ce à quoi l’enseignement secondaire doit préparer…”

Audrey Papa – Psychopédagogue et coach scolaire

Formation en ligne – Devenir Coach Scolaire

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